Chantal Guihenneuc (Université Paris Descartes, EA 7537)

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Régression bayésienne sur profils d’exposition : application en épidémiologie des rayonnements
ionisants

vendredi 29 novembre 2019, 9h30 - 10h30

Salle du conseil, espace Turing


En épidémiologie des rayonnements ionisants, les effets sanitaires des expositions professionnelles sont souvent étudiées séparément pour chaque source de rayonnement. Or, les travailleurs sont exposés simultanément à plusieurs sources de rayonnements ionisants qui sont corrélées entre elles et également à certains agents chimiques et physiques. On s’intéresse dans ce travail au risque de décès par cancer du poumon dans la cohorte française des mineurs d’uranium. Ces mineurs sont exposés au radon, aux rayonnements gamma et aux poussières d’uranium, ainsi qu’à d’autres agents chimiques. Une méthode adaptée à la corrélation entre ces expositions est ici proposée. En effet, si cette corrélation n’est pas prise en compte dans la régression multiple, on obtient des estimateurs instables, et donc non interprétables. On présente ici la régression sur profils d’exposition qui permet de traiter ce problème avec des variables explicatives continues et catégorielles. Cela consiste à regrouper les individus ayant des profils similaires, c’est-à-dire des caractéristiques proches, et d’estimer le risque associé à chaque groupe ainsi constitué. La répartition en groupes et l’estimation de risque se font conjointement grâce à un modèle hiérarchique bayésien dont l’inférence est obtenue via un algorithme de type MCMC. Après un post-traitements des chaînes MCMC obtenues, l’identification et la caractérisation des groupes ayant des profils à haut risque et à bas risque de décès par cancer du poumon sont faites.

Mots-clés. Régression sur profils, Multicolinéarité, Inférence bayésienne, Cancer du poumon, Rayonnements ionisants

Travail en collaboration avec Marion Belloni et Sophie Ancelet (IRSN, PSE-SANTE/SESANE/LEPID).